mardi 6 novembre 2012
Tu es loin de moi et malgré la distance qui nous sépare je ne cesse de t'aimer et je serais toujours là pour toi et je sais que tu sera à jamais près de moi quand même car tu occupe mon cœur et ça jusqu'à la fin des temps, et j'espère que tu verras ce message d'amour, rien de pour toi, mon amour, mon lapin, mon cœur, ma moitié, je t'aime.
dimanche 4 novembre 2012
un dimanche
nous pouvons sans peine demeurer silencieux. ça ne nous a jamais posé de problème. jamais. ni toi, ni moi n'avons ressenti de gène. de besoin pressant de parler pour rompre un quelconque embarras.
d'ailleurs c'est lui qui nous a réuni. le silence. parce qu'à force de fuir le bruit des phrases creuses d'une soirée provinciale et prétentieuse on a fini par se trouver face à face, dans l'ombre et à l'écart. mutiques. contents de cette rencontre.
de notre ile commune j'avais appris la discrétion verbale dont tu avais, toi, la pratique innée.
qu'ajouter à ce que disent les yeux? à ces signaux déjà nombreux que s'adressent les visages, les corps? la rareté donne aux mots tant de force qu'il convient ici d'en user précautionneusement.
nous, maintenant assis côte à côte sur la plage...
la mer gonfle et creuse ses vagues molles et scintillantes puis les roule jusqu'au bord, jusqu'à nos pieds, produisant chaque fois un long crissement sur le sable coquiller du rivage, rauque, comme s'il s'agissait de sa propre respiration.
la voix de la mer. la brise amène son odeur de sel et d'algues qui picote les joues et le nez. vu d'ici le golfe se découvre en totalité, avec son air singulier de fjord exilé en Méditerranée, configuration stratégique qui fixa un temps les génois. au fond le village, dressé sur son à pic, tel qu'ils crurent utile de l'élever et de le fortifier dans ses murs de granit, brun sombre à cette heure, rouge lumineux à d'autres. peine perdue pour ces occupants de jadis, l'image paradisiaque cachait une nature hostile qui terrassa la plupart d'entre eux et dispersa les survivants livrés aux coups vengeurs indigènes.
quelques mots de poésie eussent-ils changé l'histoire de ce pays? une parole contre une autre, puis c'est une question de quantité et de grammaire, pour faire des phrases en s'appliquant à les charger, ou pas, de sens, de légèreté.
tu as replié tes jambes et les tiens serrées dans tes bras, le menton posé sur les genoux. mes pensées se regroupent aussi pour aller du dos de la main faire tomber le sable collé sur ta peau. jouer. à rebrousse poils sur tes mollets et tes cuisses. j'use de ce droit précieux que j'ai de te toucher quand je le veux. avant, il n'y a pas si longtemps, tu aurais dit "pas ici!", maintenant tu t'en fous, tu souris.
de temps en temps quelques touristes, tenues d'été ou d'hiver dont ils paraissent s’accommoder. ils passent, sans rien dire non plus, week-end de Toussaint en Corse, drôle d'idée. réincarnations des anciens colonisateurs qui se seraient encore trompés de saison...
d'ailleurs c'est lui qui nous a réuni. le silence. parce qu'à force de fuir le bruit des phrases creuses d'une soirée provinciale et prétentieuse on a fini par se trouver face à face, dans l'ombre et à l'écart. mutiques. contents de cette rencontre.
de notre ile commune j'avais appris la discrétion verbale dont tu avais, toi, la pratique innée.
qu'ajouter à ce que disent les yeux? à ces signaux déjà nombreux que s'adressent les visages, les corps? la rareté donne aux mots tant de force qu'il convient ici d'en user précautionneusement.
nous, maintenant assis côte à côte sur la plage...
la mer gonfle et creuse ses vagues molles et scintillantes puis les roule jusqu'au bord, jusqu'à nos pieds, produisant chaque fois un long crissement sur le sable coquiller du rivage, rauque, comme s'il s'agissait de sa propre respiration.
la voix de la mer. la brise amène son odeur de sel et d'algues qui picote les joues et le nez. vu d'ici le golfe se découvre en totalité, avec son air singulier de fjord exilé en Méditerranée, configuration stratégique qui fixa un temps les génois. au fond le village, dressé sur son à pic, tel qu'ils crurent utile de l'élever et de le fortifier dans ses murs de granit, brun sombre à cette heure, rouge lumineux à d'autres. peine perdue pour ces occupants de jadis, l'image paradisiaque cachait une nature hostile qui terrassa la plupart d'entre eux et dispersa les survivants livrés aux coups vengeurs indigènes.
quelques mots de poésie eussent-ils changé l'histoire de ce pays? une parole contre une autre, puis c'est une question de quantité et de grammaire, pour faire des phrases en s'appliquant à les charger, ou pas, de sens, de légèreté.
tu as replié tes jambes et les tiens serrées dans tes bras, le menton posé sur les genoux. mes pensées se regroupent aussi pour aller du dos de la main faire tomber le sable collé sur ta peau. jouer. à rebrousse poils sur tes mollets et tes cuisses. j'use de ce droit précieux que j'ai de te toucher quand je le veux. avant, il n'y a pas si longtemps, tu aurais dit "pas ici!", maintenant tu t'en fous, tu souris.
de temps en temps quelques touristes, tenues d'été ou d'hiver dont ils paraissent s’accommoder. ils passent, sans rien dire non plus, week-end de Toussaint en Corse, drôle d'idée. réincarnations des anciens colonisateurs qui se seraient encore trompés de saison...
monsieur 23 fait la morale
tu sais quoi? la connerie va commencer à nous pleuvoir dessus comme de la merde....
je pense à monsieur 23 et à plein d'autres du même acabit, et tant pis s'ils ont des chapeaux différents, des barbes plus ou moins longues, et tout ce qu'ils veulent pour se différencier les uns des autres, c'est toujours la même bouche qui dégueule la même soupe poisseuse et puante de leur morale divino-opportuniste.
monsieur 23, moi je te demande pas devant quelles genre de photos tu aimes te branler, j'essaie même pas d'imaginer s'il t'arrive de bander pendant la messe, et pourtant si j'y pense, bah bien sûr que je sais que ça t'arrive, c'est ça le pouvoir, c'est ça aussi. mais tu vois je m'en contrefous de ce qui se passe dans ta culotte canonique. j'ai pas besoin de toi. catholique, je n'aurais pas besoin de toi. je ne suis pas catholique, mais je te rassure c'est pas mieux chez les voisins. mais toi t'es vraiment mal placé pour nous parler des mômes, et je sous-entends pas ici des trucs qui se passent un peu partout dans le monde et qui relèvent de l'addiction pédophile chez les membres du personnel encadrant catholique pratiquant. en l’occurrence c'est de l'abus de pouvoir que ça s'appelle. (remarque bien que c'est justement ce que tu nous fais en ce moment.) mais je ne mélange pas avec la religion, tu vois je suis beau joueur. tu en as parlé de tes soucis de l'enfance aux enfants d'Afrique ou d'Asie que ta paroisse a décérébrés pendant des décennies, les soustrayant à leurs parents autant qu'à leur culture pour en faire la chair à canons de la République? tu t'en préoccupe en ce moment des petits étrangers dans les camps de rétention administrative? des petits roumains qui se font éjecter avec des parents approximatifs pourvu que le nom rentre dans les cases de la police? des gosses qui savent pas où sont leurs parents parce que la crise est passée par là? des orphelins du sida qui deviennent enfants-soldats? franchement tu t'en tamponnes... le cul dans le siège épiscopal... et tu me désoles. ton problème c'est de te trouver du bon côté du pouvoir, à sacrer les rois de France quand c'était la mode ou encenser la morale républicaine quand le vent a tourné. tu te crois quoi 23? t'es un instrument comme les autres, manipulé. tu te rêves manipulateur. déculpabilise, le grand rabbin il s'en fout des orphelins de Gaza, et les musulmanes vitriolées pour avoir montré leur visage y'en a beaucoup de tes semblables qui trouvent ça parfaitement justifié. l'enfant autant que la femme sont des trésors pour les religieux. trésors infiniment exploitables.
moi j'en ai des gosses tu vois, et je les ai élevé malgré toi, sans jamais penser à toi une seule seconde de ma vie de père. je dis "toi", mais tu as compris que c'est façon de parler, parce que les cathos dans ton genre chez nous on en rigole plutôt, on les serre direct sur l'étagère des hypocrites dérangés où vous risquez pas la solitude, et puis après on n'y pense plus. sauf quand tu la ramènes bien sûr.
mes enfants sont bien élevés, ils n'ont pas fréquenté le catéchisme et je leur ai lu les Evangiles et nous en parlions ensemble, nous sommes aussi allé à la messe, Rameaux, Pâques, Noël; et aussi suivre la Divine Liturgie très orthodoxe et si troublante. du décorum quoi. je les ai scolarisés à l'école publique où ils ont vu défiler année après année les petits chefs, les petits maîtres qui se sentent si puissants devant des enfants contraints. des gens comme toi pour la plupart.
mais avant toute chose nous leur avons appris à dire "non", à reconnaître la bêtise, à exprimer leur liberté de jugement. parce que, tu vois, moi je crois que c'est ça qu'il aimerait Dieu, des hommes libres d'accepter de participer à cette idée merveilleuse qu'Il représente. de participer ou de refuser. et réfléchis un peu, tu es qui toi à côté de celui au nom de qui tu parles? tu le connais peut-être pas si bien pour nous le mettre en sauce comme ça t'arrange au moment où ça t'arrange.
moi les religions je m'en méfie, à la maison quand j'étais petit l'interconfessionnel pouvait dégénérer en conflits inter générationnels et j'en restais le spectateur épouvanté. en définitive j'ai jamais choisi mon camp tant les argumentaires des uns comme des autres me semblaient misérables. maintenant que le temps a passé et que je vous vois tous dans vos habits du dimanche à nous faire la leçon je dois dire que c'est l’écœurement qui me gagne.
jeudi 25 octobre 2012
Επειδή μερικές εικόνες είναι πιο δυνατές από τις λέξεις. parce que certaines images sont plus puissantes que les mots.
quelque part, on pourrait imaginer une parade de branquignolles, chacun y allant de l'interprétation outrée de son rôle tant il le croit essentiel au reste de la troupe. sept personnages dont un chien, Loukanikos, la seule célébrité du groupe. ce jour là, la colère s'appelle Merkel, ou Allemagne, ou Europe, FMI ou Troïka. la colère s'appelle colère, ο θυμός, et ce jour là un peuple aguerri tente une fois encore de montrer qu'il est là, qu'il existe. théâtre des rues d'Athènes, scène d'octobre 2012 d'une pièce interminable.
pas de drapeau grec, c'est inhabituel, mais un drapeau rouge placide comme le chien tandis que les hommes s'agitent. des émotions déclinées de l'intensité belliciste à la sérénité routinière. de l'humain à l'animal.
l'axe vertical de la scène, c'est cet homme au drapeau justement, encore en mouvement du geste qu'il vient d'accomplir, en extension, en suspension, alors que de part et d'autre ses acolytes se recroquevillent, eux aussi suspendus à l'explosion imminente, tandis que déjà, derrière lui, un auxiliaire termine de préparer le cocktail-Molotov suivant. attentif à la dangereuse manipulation qu'il exécute, il protège involontairement un homme casqué dont le regard expérimenté paraît suivre la progression aérienne de l'objet.
le dernier personnage de ce segment de cortège appartient à un autre ensemble, cintré dans son t-shirt rose il se tient lui aussi dans la posture du lanceur. scènes identiques, interprètes différents, jeu différent, même message. permanence dans l'impermanence mouvementée d'un défilé revendicatif.
l'unité est au sol parsemé de débris de manif, rue d'Athènes qui s'offre une archéologie nouvelle, au jour le jour le pays s'écrit, âges sombres de la Grèce, une fois encore.
nul regard à l'adresse du photographe. indifférence à l'indifférence, un écran entre eux et nous. c'est l'impassible Loukanikos qui nous renvoie notre froid détachement.
la nudité, l'homme, l'espace, pour arme, pour symbole. certains pourraient y voir une reproduction à l'Antique, le guerrier vaincu s'élançant sur ses ennemis dans l'ultime espoir d'une fin glorieuse.
pas de drapeau grec, c'est inhabituel, mais un drapeau rouge placide comme le chien tandis que les hommes s'agitent. des émotions déclinées de l'intensité belliciste à la sérénité routinière. de l'humain à l'animal.
l'axe vertical de la scène, c'est cet homme au drapeau justement, encore en mouvement du geste qu'il vient d'accomplir, en extension, en suspension, alors que de part et d'autre ses acolytes se recroquevillent, eux aussi suspendus à l'explosion imminente, tandis que déjà, derrière lui, un auxiliaire termine de préparer le cocktail-Molotov suivant. attentif à la dangereuse manipulation qu'il exécute, il protège involontairement un homme casqué dont le regard expérimenté paraît suivre la progression aérienne de l'objet.
le dernier personnage de ce segment de cortège appartient à un autre ensemble, cintré dans son t-shirt rose il se tient lui aussi dans la posture du lanceur. scènes identiques, interprètes différents, jeu différent, même message. permanence dans l'impermanence mouvementée d'un défilé revendicatif.
l'unité est au sol parsemé de débris de manif, rue d'Athènes qui s'offre une archéologie nouvelle, au jour le jour le pays s'écrit, âges sombres de la Grèce, une fois encore.
nul regard à l'adresse du photographe. indifférence à l'indifférence, un écran entre eux et nous. c'est l'impassible Loukanikos qui nous renvoie notre froid détachement.
la nudité, l'homme, l'espace, pour arme, pour symbole. certains pourraient y voir une reproduction à l'Antique, le guerrier vaincu s'élançant sur ses ennemis dans l'ultime espoir d'une fin glorieuse.
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