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samedi 7 décembre 2013

Les conseils d'Anselm Grün pour prier pendant l'Avent

Le moine et auteur à succès Anselm Grün, qui vit et prie depuis 50 ans selon la règle de saint Benoît à l’abbaye de ­Münsterschwarzach, en Bavière, nous livre ses conseils pour vivre une vraie démarche spirituelle en attendant Noël. 



1. Priez avant les choix ou après les moments forts 
Après avoir guéri les nombreuses personnes qu’on lui a amenées, Jésus se retire dans un lieu désert pour y prier. La prière lui est manifestement indispensable en tant que lieu où il se sait relié au Père. Avant d’appeler ses disciples, Jésus passe la nuit entière à prier Dieu. Il sent que c’est à partir de cette intimité avec Dieu qu’il doit décider et agir. Ce n’est qu’ainsi qu’il aura une bonne relation à sa mission. Autrement, Jésus courrait le risque de se laisser conduire par ses émotions et non par la volonté de Dieu.

2. Méditez les trois cantiques évangéliques 
Dans son récit de l’enfance, l’évangéliste Luc nous transmet des prières liturgiques. Le prêtre Zacharie prononce le chant de louange du Benedictus, Marie le ­Magnificat, et le vieillard Siméon le Nunc dimittis. Ces trois prières ont été composées à partir de prières de l’Ancien ­Testament. L’Église a intégré ces trois chants à sa liturgie des heures : à sa louange matinale des laudes le Benedictus, aux vêpres le Magnificat, et aux complies le Nunc dimittis. Ces trois prières à forme fixe nous invitent à méditer, face à Dieu, l’action de Dieu dans l’histoire d’Israël, l’action de Dieu en Jésus-Christ et l’agir de Dieu dans notre propre vie, et à louer Dieu parce qu’il a fait et ne cesse de faire pour nous et en nous de grandes choses. Trois prières qui dans leur forme fixe nous invitent cependant à exprimer devant Dieu nos expériences personnelles.

3. Dialoguez avec Dieu dans le secret 
Dans l’enseignement de Jésus sur la prière, ce qui me plaît le plus, c’est cette parole de Jésus dans l’Évangile selon saint Matthieu : « Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là dans le secret » (Mt 6, 6). La prière est dialogue avec Dieu dans le secret. Prier signifie me retirer seul dans la chambre intérieure de mon propre cœur pour y rencontrer Dieu, qui habite en moi dans ce lieu secret de mon âme. Prier signifie découvrir en soi l’espace intérieur de silence, et y devenir un avec Dieu.


source : La Vie

samedi 30 novembre 2013

1er dimanche de l'Avent


...L’arrivée d’Internet dans nos vies quotidiennes habitue nos enfants à la satisfaction instantanée de toutes leurs envies. Au point que le moindre délai devient intolérable.
Dans ce climat d’hyperconsommation et d’immédiateté, l’un des grands défis éducatifs est bien d’apprendre à nos chers petits à gérer le sentiment de frustration. Désirer, attendre, savoir différer le plaisir en acceptant la notion d’étape, voilà un atout majeur pour qu’ils soient heureux dans la vie. Avoir grandi dans une famille où l’on a cultivé le goût de l’attente est une chance. Pas facile pourtant : forfaits illimités, e-commerce, accès toujours plus précoce aux nouvelles technologies, tout joue contre les efforts des parents à transmettre la vertu de la patience qui est, pour les philosophes, non pas un but en soi, mais une voie de sagesse, un chemin spirituel.

Les quatre semaines de l’Avent sont une période privilégiée pour expérimenter en famille, sans grand discours, le plaisir d’une attente riche de la promesse qu’elle contient. Bien plus que dans le jour même du 25 décembre, le mystère de la joie de Noël n’est-il pas entièrement contenu dans le temps qui le précède ? Cette fête dont le paroxysme a lieu dans le silence d’une nuit toujours étoilée est avant tout celle de l’espérance, du latin sperare, attendre. Et c’est justement ce qui est le plus excitant : décorer, inviter, cuisiner, trouver, emballer, imaginer la joie de ceux qu’on aime, anticiper le plaisir des retrouvailles. On peut facilement mettre en valeur l’aspect positif du délai, du désir qui monte jusqu’à la nuit merveilleuse, en s’appuyant sur les nombreux rituels qui jalonnent le mois de décembre.

« Noël est une fête puissante pour les enfants, souligne pour sa part Lise Bartoli, psychologue clinicienne, auteur de l’Art d’apaiser son enfant (Payot, 2010). Ils perçoivent chez leurs parents un afflux d’émotion qui les touche beaucoup. Généralement, ce sont des émotions positives, une joie très simple qui se partage à travers les rituels familiaux de préparation. Ces objets qu’on ressort chaque année des cartons, ces odeurs de clémentine et de sapin sont des supports pour magnifier l’attente. Cette fête précède le début d’une nouvelle année et marque une naissance. Elle porte une dimension de “passage”, avec ce que cela constitue de temps fort de la vie. » C’est aussi l’avis de la psychanalyste Catherine Ternynck. « Cette ponctuation des jours par des rituels permet de retrouver une scansion du temps qui est en train de disparaître complètement avec la banalisation commerciale du dimanche. L’Avent est l’un des rares moments de l’année où l’on se prépare à quelque chose qui nous dépasse, nous ouvre à la grâce, à l’émerveillement, à la gratitude. »

Pour les adultes, s’investir dans ce partage du temps familial suppose de ralentir, de se poser pour savourer aussi cette préparation. « Si nos enfants ont un rapport problématique au temps, c’est aussi parce que courir est de rigueur aujourd’hui, rappelle Catherine Ternynck. Nous vivons dans la précipitation. » Du coup, dire à son enfant : « Pas maintenant », « Plus tard » face à une demande de portable, une demande de sortie, ou une barre chocolatée avant le dîner réclame conviction et confiance en soi. « La mission des parents est précisément de résister à la facilité d’aller au plus court. Le désir se nourrit de l’attente, encore faut-il avoir appris à la supporter et mieux encore à la goûter. »...

Chaque soir, une petite activité à réaliser avec ses enfants, et un bon moyen de s'imprégner de l'esprit de Noël.

source La Vie