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vendredi 5 avril 2013

TOLERANCE ZERO

photo : Yaniv Edry, Sexy barber shop

ASSEZ!!! de cette tribune permanente accordée, sans modération ni précautions, aux hétérocrates de toutes obédiences, enchevêtrant morale et homophobie dans leurs manifestes obscurantistes. ASSEZ!!! de la triade orgasmique des Barjot, Bongibault, Boutin ; des monseigneur Machin, rabbin Truc, imam Chose et consorts, faisant singulièrement chorus pour remettre dans l'air du temps des propos que mon arrière grand-mère aurait pu tenir.
indigne, pénible, insupportable, odieux, détestable, abject : INTOLERABLE! tel est ce combat de civilisation, comme il se présente modestement dans les colonnes du Figaro, dont le caractère anti-pédés absout la transgression de principes républicains qu’on nous disait pourtant garants de la paix civile et institutionnelle.

je déteste ce rose-pinky, arboré comme une insulte permanente pour remettre en mémoire les couleurs de la follasse anormée qui fut le lieu commun de l’opprobre et de la raillerie.

je hais ces propos réducteurs qui amalgament toutes les pratiques, à commencer par celle d’être parent, dans une même perversion.

j’exècre cette hypocrisie invoquant à l’envie un état de nature pour mieux refouler ceux qui n’y croient pas, ceux qui ne veulent pas être esclaves de cette néo-écologie morale fasciste, ceux qui ne prennent pas d’assurance eschatologique avec un dieu vengeur et misanthrope.

et que dire de cette mascarade familiale, dont on ne nous épargne pas le vocabulaire simpliste et affectif pour mieux exposer les enfants, jusque la maltraitance, et servir l’argumentaire de leurs géniteurs-propriétaires, leurs « papa - maman » hétéro-corrects. pédophilie légale des braves gens, non moins obscène et turpide que son pendant libidineux parce qu’elle use du même pouvoir du fort sur le faible.  

je me refuse à tolérer ces gens autant qu’être l’objet de leur tolérance, être l’alibi de leur bonne conscience, le gage de leur normalité.

mais que craignent-ils d’une égalité de droits qui serait la mise en textes de situations existantes et visibles ?, la condition à l’apaisement de vécus jusqu’alors complexes ?

serait-ce l’émergence improbable d’un gay-power radical dont les excès approcheraient par trop les pratiques de leur actuelle domination ? s’estimeraient-ils déjà suffisamment découverts pour justifier d’impitoyables oukases?

étant donné ce goût outrancier de toujours se positionner en victimes, cela ne m’étonnerait pas...

il fut un temps où j’aurais aimé les rassurer, leur dire que les histoires d’amours n’ont pas de hiérarchie, que les sociétés évoluent malgré tout, malgré tous, ce n’est qu’une question d’apaisement et de respect. un temps où il m’arrivait encore de prendre des baffes, souvent morales, parfois physiques ; mais en dépit d’une détermination quasi évangélique à faire passer le message, je n’ai jamais tendu l’autre joue pour satisfaire l’ire injuste de mes contradicteurs.

mercredi 3 avril 2013

JERÔME LE CLOWN ROSE



il y a tant de reproches à lui faire que je ne sais plus où donner de la tête.
la vieille magouillette financière éventée depuis quatre mois, même pas frauduleuse si l’on fait abstraction des convictions et du métier de l’intéressé, a revêtu, au gré du temps et des mensonges, les atours du drame politique national. petite plongée de la Vème en ses eaux d’infamie, traversées des courants du parjure et de la traitrise. M. Cahuzac ne s’y sentira jamais seul, les gros poissons abondent ; normalement (dans la République normale que l’on connaît) c’est pêche interdite.
ignorait-il, le bon électeur, qu’on le prend pour un con ? au cas où, la démonstration ne manque pas d’être efficace.
Oh oui Jérôme ! encore ! fais moi mal !
trompe-moi ! fiche ma morale en l’air !
ça va durer combien de temps encore ?  la clownerie grotesque des représentants du Peuple ?
le c’est pas moi, c’est l’autre, et puis en fait c’est personne...
le traitre, ou celui qui donne des arguments à son ennemi.
voilà ton pouvoir dans ce climat insurrectionnel recherché par toutes les droites. on a confondu la morgue hautaine et naturelle des puissants avec ta fière apparence, et l’enfumage que tu nous servais pour les mots toujours justes et précis dont tu usais.

Othello, Acte I, Scène première.
Iago (à Roderigo) : Oh ! Monsieur, rassurez-vous. Je n’y reste que pour servir mes projets sur lui. Nous ne pouvons tous être des maîtres et tous les maîtres ne peuvent pas tous être fidèlement servis. Vous remarquerez beaucoup de ces marauds humbles et agenouillés qui, raffolant de leur obséquieux servage, s’échinent leur vie durant, comme l'âne de leur maître, rien que pour avoir la pitance. Se font-ils vieux, on les chasse : fouettez-moi ces honnêtes drôles !... Il en est d'autres qui, tout en affectant les formes et les visages du dévouement, gardent dans leur cœur la préoccupation d’eux-mêmes et qui, ne jetant à leur seigneur que des semblants de dévouement, prospèrent à ses dépens, puis, une fois leurs habits bien garnis, se font hommage à eux-mêmes. Ces gaillards-là ont quelque cœur, et je suis de leur nombre, je le confesse. En effet, Seigneur, aussi vrai que vous êtes Roderigo, si j'étais le More, je ne voudrais pas être Iago. En le servant, je ne sers que moi-même. Ce n’est, le Ciel m’est témoin, ni l’amour, ni le devoir qui me font agir, mais, sous leurs dehors, mon intérêt personnel. Si jamais mon action visible révèle l’acte et l’idée intimes de mon âme par une démonstration extérieure, le jour ne sera pas loin où je porterai mon cœur sur ma manche, pour le faire becqueter aux corneilles.... Je ne suis pas ce que je suis.

quelque chose me dit, émotionomètre intime peut-être, que mon indignation non retenue n’eut pas été la même si :
des faits similaires s'étaient produits dans les rangs d’un gouvernement de droite...
la personne de M. Cahuzac m'avait été sympathique...
ou antipathique...
j’avais été un social démocrate convaincu...
ou un coriace réactionnaire...
...
aurais-je encore pu choisir entre acrimonie et écœurement ?
et m’y serais-je laissé emporter sans y réfléchir davantage ?
...
la trahison ne porte en elle-même aucun genre, elle se décline ingénument du don de soi à la cupidité, du courage résolu à la lâcheté aboulique. quel qu’en soit le mobile, la trahison trahit d’abord son auteur. héros ou parjure, dans la lumière de son acte, reste le manipulateur.
les yeux dans les yeuxl’ancien Ministre du Budget avait qualifié le leader du Parti de Gauche de clown, ce dernier s’était abstenu de l’habituel c’est çui qui dit qu’y est !


lundi 4 mars 2013

les bêtes à bon dieu s'enculent aussi

je m’apprêtais à vivre dans une indifférence totale, et combien salutaire, ce Woodstock cardinalice en effervescence à Rome pour désigner la nouvelle idole des jeunes.
je pensais, j'espérais même, en avoir fini de mes bondieuseries. mais je suis carrément rattrapé par le lobby gay. oui, oui : le lobby gay, celui qui vient d'attaquer sournoisement le Vatican.
figurons-nous nos bons pères les mains bien jointes et tout accaparés à la préservation de nos âmes, dans l'univers cosy-feutré que leur concocta, entre autres, Donato Bramante, soudain pétrifiés  à l'annonce de cette présence satanique si proche. vade retro lobby gay ! décrétèrent, nous dit-on, les trois pétulants enquêteurs du Saint Siège. cardinal Julian Herrantz Casado, 82 ans, cardinal Jozef Tomko, 88 ans, et le bébé, cardinal Salvatore di Giorgi, 81 ans.
j’imagine que parmi les nombreux démons qui apparurent à ces trois là au cours de leurs exhaustives auditions, il a fallu faire un petit tri, et je pense que l’on n’a pas mis en avant le plus épouvantable, mais sans aucun doute le plus en adéquation avec l’air du temps et les préoccupations de l’Eglise catholique et romaine. un scandale de cul c’est toujours plus à la portée de la compréhension des masses que des collusions avec la mafia, vatileaks ou l’héritage moral de la banque Ambrosiano. et puis casser du pédé ça reste bon pour l’image d’un prélat.
mais moi, « lobby gay » j’ai pas compris. que des homos se tapent du curé plutôt bien placé dans la hiérarchie, ça me paraît banal. autant que les putes, les maîtresses cachées et le reste. que certains et certaines, les moins scrupuleux certes, exercent un chantage sur les bénéficiaires du service rendu, ce sont des choses qui arrivent quand on n’est pas prudent. mais pourquoi « lobby » ?
et pourquoi donc l’expression a-t-elle été reprise partout sans plus de critiques ni explications ? ça m’a semblé un peu raide de vouloir encore faire jouer aux pédés le rôle des méchants et aux bons pasteurs celui des éternels gentils parce que éternelles victimes. les martyrs du cul dans leurs robes rouge et noire affrontant sous le regard du Christ juge leur misère humaine...
une chose est sûre le lobby en question n’agissait visiblement pas pour l’intégration évangélique de la communauté gay.

jeudi 14 février 2013

L'Assemblée a adopté...

RAFI PERETZ
je cherchais quelque chose de joyeux qui illustrerait mon état d'esprit après ce long débat à l'Assemblée. j'en ai oublié qu'il y a encore bien peu de temps j'imaginais naïvement n'être pas concerné... merci à la bêtise pour ce petit rappel qui me permet de caser Bakounine : la liberté des autres étend la mienne à l'infini. ce sera donc naïf et joyeux, et ça se passe de commentaires. sinon d'aller se réchauffer en regardant les peintures de Rafi Peretz.

mardi 12 février 2013

Pape et homosexualité, le sale engrenage Radzinger




méditons donc.
depuis 1998, sous le pontificat de Jean Paul II qui a Joseph Radzinger pour plus proche conseiller, la répression de l’homosexualité a connu quatre épisodes notoires. cela débute par le suicide de l’écrivain et ancien séminariste sicilien Alfredo Ormando.
revenons en 1981, Radzinger est nommé par le pape Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, ministère, (ou dicastère pour parler romain), extrêmement en vue à un moment où nombre de voix progressistes se font entendre au sein de l’Eglise catholique. sa mission, « promouvoir et protéger la doctrine et des mœurs conformes à la foi dans tout le monde catholique », fait rapidement de lui le champion de la chasse aux théologiens de la libération, désormais officiellement réprouvés. dès l’année suivante l’Opus Deiobtient du Vatican ses statuts définitifs, entre autres de ne dépendre que du pape,  L’expression intégriste la plus vigoureuse au sein de l’Église,comme le qualifie le théologien Hans Urs Von Balthazar, échappe ainsi aux accusations de secte. S’il parvient à museler les voix dissonantes à l’intérieur de sa chapelle, il n’entend pas non plus les autres Églises chrétiennes, et se montre rétif à tout effort œcuménique. je pense inutile d’aborder sa conception des autres religions...
c’est au cours d’un discours prononcé en décembre dernier devant la Curie Romaine qu’il lance son dernier anathème homophobe. s’inspirant directement des écrits du rabbinBernheim, Grand Rabbin de France, radicalement hostile au mariage pour tous, l’Église redit son grand « oui » à la dignité et à la beauté du mariage comme étant l'expression d'une alliance fidèle et féconde entre l'homme et la femme, le mariage homosexuel en portant atteinte à l’union naturellemenacerait autant la vérité que la paix. de son trône il invitait de la sorte les fidèles à se battre contre ce qu’il présentait comme une déviance contre nature. ce qu’il reprend et développe dans son message lu à l’occasion des Journées Mondiales de la Paix, le 1er janvier 2013 :
La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est à dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’unions qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable... Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix.
le dimanche 16 décembre 2012 une quinzaine de personnes se sont manifestées sur la Place Saint Pierre pendant l’angelus, ils entendaient protester contre l’homophobie vaticane en brandissant quelques pancartes indiquant : « Joseph, on t’aime » « homophobie=mort » « le mariage gay ne menace pas la paix. les armes oui ». ce qui a stupéfié le monde c’est la réaction de la police italienne associée aux gardes du Vatican. après confiscation musclée puis destruction de leur matériel de propagande, ils se sont vus conduits et retenus au poste, traités comme des terroristes pendant plus d’une heure, au prétexte d’avoir commis, aux yeux de l’Eglise, une abomination et non un simple flash mob. ce type de manifestation est fréquent mais c’est la première fois qu’il suscite une telle répression.
le 13 janvier 1998 : Alfredo Ormando s’immole par le feu sur la Place Saint Pierre pour protester de l’attitude de l’Eglise à l’égard des homosexuels. il meurt après 10 jours d’agonie, officiellement on donne à son geste des motifs familiaux. la date de sa mort est devenue Journée Mondiale pour le Dialogue entre les Religions et l’Homosexualité, son sacrifice aurait pu servir à quelque chose, mais le Vatican a toujours boudé ces rencontres sous l’efficace pression de Monseigneur Ratzinger..
le 03 août 2003 : nouvelle sortie choc du Cardinal-Préfet au nom de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), Les unions homosexuelles sont nocives pour le développement de la société, la tolérance du mal est très différente de sa légalisation. c’est que, arque boutée tant sur les Ecritures que sur l’Institution Romaine, la CDF prépare un arsenal argumentaire visant à contrer ce projet venu de Bruxelles qui tendrait à promouvoir le mariage pour tous en Europe.

dès lors la Curie ne se cache pas de faire pression directement sur le gouvernement italien face à un éventuel projet de légalisation, mais elle ne se prive pas d’adresser des messages clairs à tous les gouvernements. de même, partout en Europe, l’Eglise s’active à tous niveaux pour que, du paroissien de base au sommités dirigeantes, chacun s’arme contre la monstruosité à venir. la lutte n’a pas été facile pour les militants d’ARCIGAY, plus que tout autre présents sur ce front contre l'homophobie vaticane.


l’association des croyants gay Emmanuele déclare à propos du travail de la CDF  quil n'a pas été créé à l'écoute de la personne, mais d'une réflexion détachée de toute référence à la vie, dogmatique et impérative. le résultat d'une théologie conservatrice qui prétend entrer dans les consciences des hommes et au sein du gouvernement. Il s'agit d'une régression par rapport à la grande liberté et ouverture du Concile Vatican II. Mais le peuple de Dieu prend maintenant une direction différente de cette théologie.

le 08 12 2008 : le Pape Benoît XVI s’est exprimé négativement au sujet de la proposition française à l’ONU de dépénaliser l’homosexualité, dans l’enceinte de l’Assemblée Monseigneur Migliore oppose le véto du Vatican en son nom. une manifestation LGBT spontanée se regroupe sur la Place Pie XII (frontière entre l’Italie et le Vatican) pour exiger leurs droits. Gay in Piazza est né. la manif évolue en sit in puis veillée aux chandelles au cours de laquelle sont commémorés les homosexuels qui dans 80 pays sont tués, torturés et emprisonnés du seul fait de ce qu’ils sont. la députée transgenre Vladimir Luxuria présenta un nœud coulant pour symboliser la fraternité internationale des gay, puis demanda une audience auprès du Pape qu’il n’a jamais obtenue, bien sûr.en 2008 neuf pays appliquaient la peine de mort à l'encontre des homosexuels.
le 14 décembre 2012 : le Pape reçoit et béni Rebecca Kadaga promotrice de la loi qui instituera la peine de mort pour les homosexuels en Ouganda. loin de s’émouvoir des réactions qu’il provoque, sa nouvelle amie semble l’inspirer quand trois jours plus tard il anathémise le principe de mariage entre personnes de même sexe.
voici un résumé de la carrière et un aperçu du profil de celui qu’on nous présente à l’envie depuis deux jours comme un très grand théologien, un humaniste doué d’une écoute extraordinaire. cet homme est une souffrance et une insulte permanente pour tous les homosexuels, croyants ou non. en 2013 six pays appliquent la peine de mort pour homosexualité réelle ou supposée, et dans plus de 60% l'homophobie a force de loi, et ailleurs nombreux sont ceux qui se sentent autorisés à y penser très fort. les prises de positions tranchées du premier des catholiques ne sont pas étrangères à cet état de fait.

dimanche 10 février 2013

...Καίτη Μπελίντα "λατρεία μου"


λατρεία μου, ça veut dire "mon amour". dans quelque langue que ce soit, ce sont des mots que je souhaite à tous d'avoir prononcé un jour. en avoir connu le vertige, l'implicite abandon de soi qu'ils supposent. cet instant de transcendance qu'ils inscrivent dans une relation, ce "point phosphoreux où toute la réalité se retrouve, mais changée, métamorphosée, et par quoi ??? : un point de magique utilisation des choses." pour citer Artaud.
voilà que tous ces derniers jours, privé de mon amour, je me suis laissé absorber par le débat à l'Assemblée Nationale, de bruit de fond, l'émission est devenue le moment fort de mes journées. voir vivre, dans son cadre naturel rouge et or, cette petite communauté d'élus, donc de gens bien, s'imaginant débattre du droit des autres m'a positivement ravi. moi, jadis farouche opposant du mariage en tout genre, il m'a d'abord fallu déminer mes propres contradictions. assumer mon propre débat interne. dilemme vite résolu à l'écoute de l'argumentaire réactionnaire. en effet, le mariage ne fut qu'un prétexte, et très vite ces esprits supérieurs y substituèrent des termes repoussoirs : PMA, GPA comme autant d'alarmantes poupées vaudou toutes prêtes à nuire, chacune représentant, dans l'exposé, l'aboutissement dramatique du danger homosexuel. mais aussi le danger de la science, cette folie sur laquelle on s'appuie sans en rien maîtriser, et pire encore, dont les lois s'opposent diamétralement à celles de la Nature éternelle et matricielle si souvent invoquée ces jours-ci. le ridicule absolu de certains intervenants venant opportunément garantir le sérieux de leurs complices. comme au théâtre. affaire de dosage, la pièce fut bonne, de toute façon la fin était connue de tous.
cependant comme dans toute farce, il y a, par sa négation même, le point de vue tragique qui l'inspire. ce drame social dont émane son délire.
vu de mon coin, le fait de remettre en cause l'actuel cadre social ne me pose pas problème intellectuellement, même s'il en va parfois différemment au quotidien... mais le risque de l’émergence de l'affirmation homosexuelle dans les dogmes de la morale petite bourgeoise est patent. ce système patiemment élaborée des siècles durant sur des axiomes judéo-chrétiens arrangés et des classifications d'Ancien Régime, reprend à son compte le modèle de la Valeur Morale partagée garantissant l'aliénation des petits et interdisant l'émancipation des différences. l'argument qui fait du mariage pour tous le ralliement d'un groupe marginal à ces valeurs n'illusionnera qu'un temps les plus crédules. la revendication réelle est la visibilité sociale, la normalisation, la banalisation. il ne s'agit pas d'un phénomène de groupe mais d'un phénomène humain beaucoup plus ample qui induit de larges évolutions culturelles. il n'y a de ralliement qu'à l'individualisme qui est la revendication dominante depuis près d'un siècle. la liberté individuelle est une notion tellement neuve que le législateur lui court sans cesse derrière pour en imaginer des contours. 
le mouvement s'accélère, la libération serait-elle proche? à en croire les argumentaires déroulées contre nous, cette proximité me semble devoir se compter sur des échelles de temps géologiques

maintenant tango et instants de poésie pure :

mercredi 6 février 2013

les ébats des antis du débat


j'ai toujours pensé de la foi qu'elle devait demeurer du domaine de l'intime, tout au plus du privé. si certains, c'est concevable, ont besoin de la religion pour exprimer le lien social que cela représente à leurs yeux, il me semble extrêmement juste de contraindre ses manifestations en des places et des temps dévolus. pour ne pas paraitre extrêmement coercitif j'ajouterai que seule la liberté des consciences justifie cet encadrement rigoureux.
le fait est que chargé d'une histoire si lourde, combien de fois terrifiante, ou plutôt que l'édifier il rabaissa l'humain à ses plus basses passions et s'employa à le maintenir dans une dépendance mentale pathologiquement idiote et économiquement avilissante, le fait religieux est demeuré la plus pérenne des manifestations humaines. avec peut-être la guerre à laquelle il est d'ailleurs régulièrement lié. aux goupillons de toutes obédiences d'introduire les sabres pour ensuite en justifier la douleur. on serait en droit de se demander comment, chargé d'un passif si lourd, il est encore concevable d'en autoriser, sinon l'existence, du moins les exubérances et les inconséquences tant intellectuelles que morales.
la religion, je ne parle pas de sa nature mais de son fait, est synonyme de manipulation, il n'y a pas de hiérarchie dans ces aliénations sectaires que l'on voudrait faire passer pour volontaires; et au noble argument du don de soi on a trop vu se substituer l'acharnement à faucher les consciences pour en déposséder leurs propriétaires. 
il n'est pas dans mes moyens de dénigrer l'irrationnel, je critique ces amphitryons qui s'en estiment maîtres. à des degrés divers chacun en connaît ses propres accès qu'il quantifiera selon son seul discernement.
l'actualité nous permet de constater la pathétique instrumentalisation des ersatz de la foi par des cagots bondieusards. sans craintes de comportements et de propos absolument grotesques, gourous et adeptes se livrent sous nos regards à un déferlement jubilatoire de toute cette haine qu'ils appellent, sans ruser d'avantage, amour. et "l'amour n'est qu'illusion" écrivait Rousseau.
mais franchement, la colère passée, je me réjouis de cette preuve par l'image, par les images, que se sont plu à afficher ces conformistes exaltés. d'abord leurs alliances contre-nature de monothéismes qui s'écharpent depuis des siècles et soudain fusionnels dans l'anathème et la haine de l'autre. ensuite cette course effrénée à qui sera le plus ringard, le plus obsolète. sorte de régurgitation sociale, l'intégrisme réactionnaire s'est paré de ses plus beaux atours pour nous convaincre de son incroyable survivance dans ce pays en 2013. en rétrogradant eux mêmes leurs rituels à des niveaux folkloriques, pour exciter la curiosité médiatique, ils en révèlent l'irréversible anachronisme.

 

mercredi 16 janvier 2013

les pharisiens dans la rue


je vous regarde, je vous écoute. troupeau docile derrière vos pasteurs démasqués. vous bêlez votre leçon apprise par cœur comme les premiers de la classe ânonnent un poème qu'ils ne comprendront jamais. pancartes imprimées, slogans éprouvés, vous vous donnez le sentiment d'être contre, vous qui avez toujours été pour. pour l'ordre, pour la loi, pour la foi. sans jamais vous interroger davantage. sans oser critiquer. vous qui avez toujours été lisses, comme il faut, bien pensants et normatifs. qu'imaginez-vous que vous êtes? des penseurs? des modèles?
vos chefs vous autorisent ce combat séduisant aux formes atypiques, ce qui déjà vous exalte. vous vous agitez de l'exotisme de la situation, de cette mise en scène savante qui, bien que minuscules et médiocres, vous fait paraitre  gigantesques et clairvoyants.
je vous regarde, tout excités que vous êtes de votre démarche, de votre force, de votre pouvoir. vos regards satisfaits me disent qui vous êtes vraiment. il y règne une joie indécente et coupable qui s'assume parce qu'elle se partage entre vous. elle vous sert de reconnaissance complice. la joie d'être du bon côté au bon moment. une joie si française, si facile, celle des versaillais ou des vichystes. de ceux qui se taisent toujours, même après Charonne, même après avoir vu pendant des mois les défilés de prisonniers nus dans les rues de Drancy. ceux qui, après, élèvent des monuments et y déposent fleurs et lacrimatoires. vos yeux ont cette jubilation qui se partage aux pieds des potences, coupable et triomphante. cette jouissance à se retrouver si nombreux alors que vous vous sentiez si seuls à penser autant de vilaines choses.
mais c'est pour ça que vous êtes là. pour faire la preuve qu'elles ne sont pas si vilaines ces choses. qu'elles sont mêmes des évidences, des banalités. c'est pour ça qu'ils vous ont mis là vos patrons, pour clamer bien haut et en nombre ce ramassis de fausses affirmations, de syllogismes anachroniques, de concepts bêtas, d'allégations hasardeuses, de mensonges avérés, avec la solide assurance des multitudes anonymes, du bon-sens, de l'empirisme personnel devenu commun sous l'effet de la foule. triviaux vous devenez orgueilleux.
je vous regarde, je m'aperçois que vous êtes toujours là avec votre peur qui veut empêcher l'autre de vivre, votre égoïsme irrationnel qui vous permet de croire que vous êtes exemplaires, qu'il n'y a d'autre vérité que la votre. d'autre humanité que celle qui vous sied. votre hypocrisie qui vous permet de simplifier, caricaturer, moquer, et par dessus tout vous procure cette douce satisfaction d'avoir tout compris et de pouvoir tout expliquer.
je regarde les couards que vous avez toujours été, si résolus dans les mains de vos maîtres, à l'abri de vos dogmes antédiluviens, invoquant des dieux que vous trahissez de bonne foi, des enfants que vous n'aimez pas, un Amour qui vous est étranger, un ordre social naturel qui n'existe pas, n'a jamais existé ailleurs que dans les fantasmes rétrogrades des obscurantistes de tout poil lorsqu'ils s'emploient à justifier l'ordre établi nécessaire à leurs intérêts immédiats. 
je regarde et je me sens sali de ce que vous êtes, béats de haine, fielleux et jaloux. votre pusillanimité coercitive me désespère autant qu'elle m'interroge. comment pouvez-vous vivre dans votre univers en noir et blanc, bien et mal, beau et laid, mâle et femelle, ces duels réducteurs qui vont à l'infini s'acharner à la destruction de l'altérité?
je vois en vous une humanité désespérante que le néant devrait engloutir aussitôt. vos revendications de démocrates sont de fait le relais présent de la masse des arbitraires que répand depuis la nuit des temps un peuple de cul-terreux analphabètes.
voilà donc ce qu'à mes yeux vous représentez, la bêtise éternelle, normal que vous vous soyez retrouvé si nombreux.
..."Mais malheureux êtes-vous, Pharisiens, vous qui versez la dîme de la menthe, de la rue et de tout ce qui pousse dans le jardin, et qui laissez de côté la justice et l'amour de Dieu. Malheureux êtes-vous, Pharisiens, vous qui aimez les premiers sièges dans les synagogues et les salutations sur les places publiques. Malheureux, vous qui êtes comme ces tombes que rien ne signale et sur lesquelles on marche sans le savoir... Vous aussi légistes vous êtes malheureux, vous qui chargez les hommes de fardeaux accablants, et qui ne touchez pas vous mêmes d'un seul de vos doigts un seul de ces fardeaux. Malheureux vous qui bâtissez le tombeau des prophètes alors que ce sont vos pères qui les ont tués."... Luc.

lundi 19 novembre 2012

"tu honoreras ton père et ta mère"

Forse qualque lettore troverà che dico delle cose banali. Ma chi è scandalizzato è sempre banale. E io purtroppo sono scandalizzato. Resta da vedere se, come tutti coloro che si scandalizzato (la banalita del loro linguaggio lo dimostra), ho torto, oppure se ci sono delle ragioni speciali che giustificano il mio scandalo. Pier-Paolo Pasolini.
Peut-être des lecteurs trouveront que je dis des choses banales. Mais ce qui est scandaleux est toujours banal. Et malheureusement je suis scandalisé. Reste à voir si, comme tous ceux qui se scandalisent (la banalité de leur langage le prouve), je me trompe, ou bien s'il y a des raisons spéciales qui justifient mon scandale." Pier-Paolo Pasolini.
c'est quoi cette tradition qui représente le bonheur sous la forme d'un couple hétérosexuel avec enfants, évoluant dans un espace familial radieux et qui se nomme mariage?
on sait quand même que si le mariage est une tradition celle-ci varie grandement d'une culture à l'autre.
de par le vaste monde il semble bien que le mariage occidental et ses valeurs ne soit pas l'archétype du genre. personne d'ailleurs ne paraît nous l'envier, nul observateur extérieur ne le juge parfait.
dans son propre contexte culturel cette tradition n'a cessé d'évoluer. l'idée seule de "mariage d'amour" d'un homme et d'une femme eut fait hurler de rire l'immense majorité de nos ancêtres (qui n'en avaient guère l'occasion) jusqu'à une date très récente. je ne parle même pas de cet amour allant jusqu'à irradier la progéniture légitime des intéressés, cette notion là est trop neuve. l'amour c'est hors mariage. sexuel autant qu'émotionnel. historiquement le mariage s'établit d'abord en vue d'un gain économique. cela est universel. il s'agit, au mieux d'acquérir du bien, au pire de limiter les frais. c'est un contrat entre deux personnes dont la différence sexuelle contraint l'accouplement et la procréation. raison sociale. la constitution d'un patrimoine induit l'encadrement de la transmission de ce patrimoine. raison familiale. comme n'importe quel contrat c'est longtemps à l’Église qu'en revint la gestion. la même sacralisation d'un acte contractuel se retrouve autant chez le notaire que dans un prétoire laïque. l'acte signé comme le serment juré deviennent inviolables par nature. l'humain et ses faiblesses n'y intervient plus. cela est sensé se situer au-delà des passions humaines.
j'ai dit que l'amour et le mariage n'étaient pas associés. l'amour est passion, le mariage est acté. les romantiques y voient souvent même un obstacle, l'amour est ailleurs, et impossible du fait de la pression sociale, le XIXème siècle, naturaliste et psychologique, envisage l'éventualité d'une relation intime entre les époux les projetant soudain dans l'émotionnel, le pathos. domaines jusqu'alors réservés aux adultérins et aux "pervers".  
une culture, à moins qu'elle soit morte, évolue sans cesse. si l'amour a intégré le mariage, il l'a fait dans sa fulgurance et son aveuglement, son besoin de reconnaissance comme de fusion, sa nécessité biologique et émotionnelle. l'amour humain est demeuré sans obligation de procréation, il s'est révélé libre tel qu'il a toujours été, et hors des contraintes sociales.
cet amour doit faire comprendre aux gens que leur perception de la société et des rapports entre les sexes est dépassée. la société occidentale a changé, et nous sommes en présence, en coexistence, avec un monde neuf, jeune , inventif qui se forme ici et maintenant, sous nos yeux et avec nous. ce monde nouveau est en place, il est là, il suffit de regarder pour s'enthousiasmer avec lui, profiter de cette émergence, en capter les bienfaits.
réactionnaires, ces gens sont entrain de décrocher en mésestimant ces évolutions, en ratant quelque chose d'important ils s'excluent eux mêmes du sens de la vie.

Sean Hart, Seanhart diary, Rio de Janeiro, 2011


vendredi 16 novembre 2012

manifestations publiques de tendresses


ne pas taper "kiss-in corse" sur son moteur de recherche si on craint la déception.
cependant il semblerait qu'ailleurs la manifestation ait connu un certain succès.
réjouissant.
Place de l'Hôtel de Ville de Paris.
ancienne Place de Grève.
fêtes et supplices.
sous les baisers les âmes braisées des bougres immolés
printemps 1720, Philippe Basse et Bernard Mocmanesse
qui n'avaient pas 20 ans
été 1750, Bruno Lenoir et Jean Diot
pour les derniers bûchers de ce type.
en quelque sorte cette
déferlante affective
leur rendait justice.
maintenant je trouverais judicieux que les homophobes contemporains, toujours si bien inspirés se réunissent eux aussi. et comme ils aiment bien prendre le contre-pied de ceux qui alimentent leur haine et leur bêtise, qu'ils n'hésitent pas en ces mêmes lieux, que leurs semblables ont en tout temps peuplés de fantômes martyrisés, à s'y gifler allégrement avec toute la détestation dont ils sont capables.

mercredi 25 juillet 2007

Jacques Chirac - Petites et Grandes Phrases

PARIS (AP) - Graves ou drôles, voici quelques-unes des petites phrases de Jacques Chirac qui ont marqué ses deux mandats à l'Elysée: (y'a "putain, 2 ans !!" ??)

- "La politique n'est pas seulement l'art du possible. Il est des moments où elle devient l'art de rendre possible ce qui est nécessaire". (ouai ou l'art de faire croire que c'est possible)
(17 février 1995, campagne présidentielle, porte de Versailles)

- "On nous explique, en somme, que les Français, et non leurs gouvernants, seraient les premiers responsables de la crise, puisqu'ils seraient rétifs au changement. Et d'énumérer complaisamment les blocages, les habitudes qui font obstacle à la réforme et qu'on décrète insurmontables. Ce serait donc la faute des Français si le chômage nous conduit dans une voie sans issue".
(17 février 1995, campagne présidentielle, porte de Versailles)

- "Après mûre réflexion, après de larges consultations, j'ai pris la décision, parce que je la considérais nécessaire aux intérêts supérieurs de notre nation, d'autoriser la fin de cette campagne d'essais (nucléaires, NDLR) et cette décision est naturellement irrévocable". (et maintenant que nous on a fini, on va faire chier les pays qui veulent tester à leur tour !)
(13 juin 1995, conférence de presse à l'Elysée)

- "Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français (...). La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux". (trés belle phrase, faut le reconnaître...)
(16 juillet 1995, lors de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv à Paris)

- "J'ai dit que tout sera fait pour réduire la fracture sociale et nous le ferons (...). C'est pour mener ce combat que j'ai été élu. Je ne me déroberai pas".
(29 septembre 1995, au Havre)

- "La priorité, c'est la réduction des déficits (...). Il faut prendre des mesures qui peuvent être en contradiction avec ce que l'on veut faire plus tard, de façon à rétablir les équilibres. C'est un effort à faire pendant deux ans".
(26 octobre 1995)

- "Il faut avoir des principes si l'on veut gouverner sainement une démocratie. La dissolution n'a jamais été faite dans notre Constitution pour la convenance du président de la République. Elle a été faite pour trancher une crise politique. Il n'y a pas aujourd'hui, il n'y avait pas au lendemain de mon élection, une crise politique. Donc la dissolution aurait été -permettez-moi le terme- une sorte de 'combine' tout à fait contraire à l'esprit de nos institutions".
(14 juillet 1996, interview radio-télévisée)

- "Qu'est-ce qu'il y a encore comme problème? Je commence à en avoir assez! What do you want? Do you want me to take my plane, to go back to my country, to go back to France? Is that what you want? This is a provocation! This is not a method! Please, stop now!" (ça c'était trop trop fort !! "this is provocation" j'adore !)
(Jacques Chirac s'en prenant à un officier de la sécurité israélienne dans le cadre d'une visite dans la vieille ville de Jérusalem le 22 octobre 1996)

- "Après consultation du Premier ministre, du Président du Sénat et du Président de l'Assemblée nationale, j'ai décidé de dissoudre l'Assemblée nationale". (oh la connerie !! lol !!)(21 avril 1997, allocution radio-télévisée)

- Jacques Chirac: "Il n'y a aucune immunité pénale pour le président de la République, naturellement. Il y a simplement le fait que la séparation des pouvoirs conduit à ce que la responsabilité pénale du président de la République ne peut être évoquée que devant la Haute Cour de justice, c'est tout".

Le journaliste: "...dans le cadre de ses fonctions de président".

Jacques Chirac: "Naturellement. Et pour la durée de son mandat, cela va de soi. Le Conseil constitutionnel n'a rien dit d'autre. Et c'est tout à fait normal".

Le journaliste: "Et pour ce qui est maintenant de ses responsabilités d'avant?"

Jacques Chirac: "Je trouve que votre question dérape vers une certaine insolence..." (ouhla le journaliste avait touché le point sensible on dirait !!)
(14 juillet 1999, interview radio-télévisée, avec Patrick Poivre d'Arvor)

- "Le quinquennat sous une forme ou sous une autre, serait une erreur et donc je ne l'approuverai pas". (tiens on est en quinquennat maintenant c'est bizarre...)
(14 juillet 1999, interview radio-télévisée)

- "Nous posons une question aux Français, qu'ils y répondent. Ils répondent oui, c'est très bien, ils répondent non, c'est très bien (...). Je n'ai pas changé d'avis, il ne faut pas que l'on puisse dire cela". (c'est trés bien)
(5 juin 2000, interview télévisée, au sujet du référendum sur le quinquennat)

- "Aujourd'hui, on rapporte une histoire abracadabrantesque (cultissime). On fait parler un homme mort il y a plus d'un an. On disserte sur des faits invraisemblables qui auraient eu lieu il y a plus de quatorze ans".
(21 septembre 2000, interview télévisée, au sujet de la cassette posthume de Jean-Claude Méry)

- Le journaliste: "Donc, pour vous, les sommes se dégonflent?"

Jacques Chirac: "Ce n'est pas qu'elles se dégonflent, c'est qu'elles font 'pschitt', si vous me permettez cette expression".
(14 juillet 2001, interview radio-télévisée, à propos de l'affaire des billets d'avion payés en liquide)

- "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs".
(2 septembre 2002, lors du sommet mondial du développement durable à Johannesburg)

- "Je crois qu'ils ont manqué une bonne occasion de se taire. Si sur le premier sujet difficile, on se met à donner son point de vue indépendamment de toute concertation avec l'ensemble dans lequel par ailleurs on veut entrer, alors ce n'est pas un comportement bien responsable. Ce n'est pas très bien élevé". (et paf !)
(le 17 février 2003, au sujet des pays candidats à l'entrée dans l'Union européenne qui avaient apporté leur soutien à une intervention militaire américaine en Irak)

- "Quelles que soient les circonstances, la France votera non (au Conseil de sécurité des Nations unies) parce qu'elle considère ce soir qu'il n'y a pas lieu de faire une guerre pour atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé, c'est-à-dire le désarmement de l'Irak". (sur ce coup là, quelque soit son bord politique, on peut être fier de notre chirac !!)
(10 mars 2003, interview télévisée)

- "Le premier des droits de l'Homme, c'est de manger, d'être soigné, de recevoir une éducation et d'avoir un habitat. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est très en avance sur beaucoup, beaucoup de pays." (je suis pas sûr qu'on peut classer cette phrase dans les compliments)
(lors d'un déplacement en Tunisie, en décembre 2003)

- "Il n'y a pas de différend entre le ministre des Finances et moi, pour une raison simple c'est que, notamment s'agissant de la défense, je décide et il exécute". (et paf ! il est fort en paf! finalement...)
(14 juillet 2004, interview radio-télévisée, au sujet de Nicolas Sarkozy).

- "Laissez-moi vous dire une chose: si vous voulez vous tirer une balle dans le pied, faites-le, mais après, ne protestez pas. C'est une connerie, je vous le dis"
(interpellé le 26 février 2005 au Salon de l'agriculture par un partisan du "non" au référendum sur la Constitution européenne)

- "Je ne vous comprends pas" (ah là il s'est auto "et paf-é"...)
(Le 14 avril 2005, lors d'un débat télévisé avec des jeunes qui exprimaient leurs inquiétudes, quelques semaines avant le référendum sur la Constitution européenne).

- Les Britanniques, "la seule chose qu'ils ont faite pour l'agriculture européenne, c'est la vache folle. On ne peut pas faire confiance à des gens qui ont une cuisine aussi mauvaise. Après la Finlande, c'est le pays où l'on mange le plus mal" (excellent !!!)
(3 juillet 2005, lors d'un sommet informel avec Vladimir Poutine et Gerhard Schröder à Kaliningrad).