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mercredi 11 décembre 2013

Sortir du cercle avec Marie Pier Charron


En fin de compte, on parle ici du cycle de la guerre – au sens large du terme, bien sûr. Le cycle du non-amour et du non-respect, si vous préférez. On se passe la balle continuellement…


Ainsi, quand on voit l’ampleur de notre inconscience collective, le phénomène peut sembler terriblement gros, profond et difficile à changer. Or, la fin de ce cycle repose sur une seule personne : la première personne qui a le courage de déposer la balle plutôt que de la relancer. La première personne qui choisit de rester droite et digne plutôt que d’imiter les comportements des personnes qu’elle voudrait changer. La première personne qui a la force de respecter même ceux qui ne la respectent pas, simplement car c’est sa nature profonde d’être respectueuse et qu’elle refuse d’être ce qu’elle n’est pas. La première personne qui peut respirer profondément et laisser l’émotion passer plutôt que de crier ou klaxonner. 

On admire tous les personnes comme Nelson Mandela qui sont restées au service de l’amour, presque toujours en ligne avec leurs valeurs les plus profondes, même devant les pires circonstances qui soient. Mais nous avons tous l’occasion, chaque jour, de choisir de penser et d’agir avec ce type de courage. Nous sommes tous fondamentalement grands, importants, héroïques… Nous pouvons tous être cette première personne qui choisit la paix et qui brise ce cycle fou. En fait, ce n’est pas que nous pouvons l’être, en réalité, mais que ça ne peut être que nous.

Marie Pier Charron


vendredi 6 décembre 2013

Hommage à Nelson Mandela (1)


Un cœur bon et un bon esprit forment toujours une formidable combinaison. 

Nelson Mandela


Par Juliette Binoche :


Ils ont voulu me faire taire, mais ils n'ont pas pu.
Ils m'ont emprisonné, mais j'ai simplement attendu.
Ils m'ont pris pour un dieu mais je suis resté simple.
Ils m'ont presque enterré vivant mais j'en ai souri. 
Ma force, c'est tout l'amour que j'ai pour eux,

Ces femmes et ces hommes pour qui j'ai tout donné.
Et si c'était à refaire, je le referai." 

Madiba 

vendredi 29 novembre 2013

La sagesse et le calme par Jacques Castermane



La sagesse ? Ce n’est pas un idéal ; c’est une manière d’être. Elle se reconnaît à ces qualités d’être qui manquent cruellement à l’homme contemporain : la paix intérieure, la liberté intérieure, la simple joie d’être. Le calme ? Ce n’est pas le contraire de l’agitation, c’est l’absence d’agitation.

Le zen avoue un but : la paix intérieure (C’est, depuis les Grecs, le but de la philosophie). Le zen, à cette fin, propose un exercice : la pratique méditative sans objet (Zazen). Hui-Neng, maître T’Chan (6ème Siècle), précise le but de la pratique méditative sans objet : « Le calme et la sagesse sont les fondements de ma méthode. Avant tout, ne tombez pas dans l'erreur de croire que ce sont deux choses différentes. C'est une seule et même substance, et non deux. Le calme est la substance de la sagesse, et la sagesse est le fondement du calme. Chaque fois que fonctionne la sagesse, le calme est en elle. Chaque fois que le calme fonctionne, en lui est la sagesse ».

Mais aujourd’hui, vingt siècles plus tard et après trois cent ans de conditionnement à une pensée objective, avons-nous des preuves scientifiques qui garantissent les effets de la pratique méditative ?
Utilisant l’électroencéphalographie, une équipe de chercheurs du Wisconsin a détecté une très forte augmentation des ondes à haute fréquence gamma dans le cerveau de moines zen qui méditent régulièrement (Quel dommage pour Hui-Neng, Dogen ou Hakuin d’avoir vécu à une époque où il n’était pas encore possible d’être électroencéphalographié ou IRMisé !).


La sagesse, le calme, n’ont pas besoin de preuves ; la sagesse, le calme, ont besoin de témoins. « Si tu désires savoir si un homme est un sage, il suffit de poser la question à son épouse ... ! » me disait Arnaud Desjardins. C’est par sa manière d’être, sa façon d’être là, que l’être humain témoigne s’il est agité, stressé, méfiant, inquiet ou s’il vit dans cette qualité d’être appelée la paix intérieure. Le calme, la sérénité, la paix de l’âme sont des qualités d’être qui n’ont pas besoin de la pensée, pas besoin du raisonnement, pas besoin de l’analyse biochimique ou de l’imagerie médicale.
Les progrès, dans tous les domaines de la science, m’intéressent. Et, à l’occasion de divers problèmes de santé, j’ai bénéficié de cet élargissement du savoir mis en application par la médecine expérimentale.
Mais il serait sage de na pas amalgamer savoir et sagesse.
A la question que lui pose Dürckheim « Quelle est pour vous la différence entre le savoir et la sagesse ? », Daisetz Teitero Suzuki répond : « Le savoir regarde au dehors ; la sagesse regarde en dedans ». Puis il ajoute « Mais, si vous regardez dedans comme vous regardez dehors, vous faites du dedans... un dehors » !
Sagesse ? Savoir ? Sans doute avons-nous besoin des deux ! Comme nous avons besoin de l’inspire et de l’expire ; mais si vous mélangez les deux, vous risquez de vous étouffer.

Jacques Castermane